Enobia Pharma débute les essais cliniques sur la thérapie par remplacement enzymatique pour le traitement de l'hypophosphatasie
20 août 2008
Montréal, le 20 août 2008. Enobia Pharma, une société canadienne de biotechnologie en émergence qui concentre ses efforts de développement sur la mise au point de nouveaux médicaments destinés au traitement de maladies osseuses graves, a annoncé aujourd’hui qu’elle avait administré du ENB-0040 à son premier patient, dans le cadre de son programme d’essais cliniques pour l’hypophosphatasie. Enobia mène actuellement des recherches sur l’utilisation du ENB-0040 dans une thérapie par remplacement enzymatique pour cette maladie osseuse génétique rare souvent débilitante, pour laquelle il n’existe encore aucun traitement approuvé.
Le ENB-0040 est actuellement évalué, dans le cadre de deux protocoles distincts, chez des adultes et chez des nourrissons atteints d’hypophosphatasie, au Canada et aux États-Unis.
«Il s’agit d’une étape importante vers la mise au point d’un traitement pour l’hypophosphatasie, une maladie osseuse méconnue qui peut être mortelle chez les nourrissons et qui peut entraîner une invalidité grave chez les patients plus âgés», a déclaré la Dre Cheryl Greenberg, directrice médicale, Programme de santé de l’enfant, Office régional de la santé de Winnipeg, professeure et directrice, Département de pédiatrie et de santé de l’enfant, Université du Manitoba. «Nous sommes ravis de commencer à tester un traitement potentiel. Je suis particulièrement reconnaissante envers les membres de notre Comité d’Éthique Interne, le Service de la recherche de l’Université du Manitoba et les membres du Comité de l’impact de la recherche du Centre des sciences de la santé, de Winnipeg, qui ont revu nos protocoles de manière rapide et constructive. Cette collaboration nous a permis de recruter rapidement le groupe de patients qui participent aux essais cliniques.»
Dans le cadre du premier protocole, l’innocuité, la tolérabilité et la pharmacocinétique du ENB-0040 seront initialement évaluées pendant un mois dans le cadre d’une étude de phase 1 non aveugle, au cours de laquelle la dose sera augmentée progressivement. Le ENB-0040 sera administré par voie intraveineuse et par voie sous-cutanée à six adultes atteints d’hypophosphatasie répartis dans trois centres d’Amérique du Nord.
Dans le cadre du deuxième protocole, l’innocuité, la tolérabilité, la pharmacocinétique et l’efficacité du ENB-0040 sont aussi évaluées, dans le cadre d’une étude non aveugle, pendant une période de six mois, sur un maximum de six nourrissons atteints d’une forme particulièrement grave de l’hypophosphatasie. Les résultats clés relatifs à l’efficacité incluent l’évaluation des répercussions de la maladie sur le squelette et sur le système respiratoire.
«Au cours des études précliniques sur un modèle murin, le ENB-0040 a, de manière constante, amélioré le taux de survie ainsi que les manifestations de l’hypophosphatasie sur les os et sur les dents. Le début des études cliniques nous rapproche de l’objectif d’offrir une pharmacothérapie aux patients atteints d’hypophosphatasie, alors qu’il n’en existe actuellement aucune pour cette maladie», a déclaré le chef de la direction d’Enobia, M. Robert Heft, Ph. D.
À propos de l’hypophosphatasie
L’hypophosphatasie est une maladie métabolique héréditaire rare, parfois mortelle, caractérisée par un défaut de la minéralisation osseuse. Le terme «hypophosphatasie» a été inventé en 1948, par le Dr John Rathburn, pédiatre de Toronto, qui a été parmi les premiers cliniciens à décrire cette maladie. En 1955, à l’Université de Toronto, le Dr Donald Fraser a identifié le premier biomarqueur (PEA) utile au diagnostic de l’hypophosphatasie. En 1957, le Dr Fraser a introduit la classification de l’hypophosphatasie qui est encore utilisée aujourd’hui, en définissant les formes «périnatale», «infantile», «juvénile» et «adulte» de la maladie. Se fondant sur l’expérience acquise au cours d’une période de plus de dix ans à Toronto, le Dr Fraser a estimé que la prévalence des formes graves de l’hypophosphatasie serait de l’ordre de 1 : 100 000 dans l’ensemble de la population. La prévalence la plus élevée de la maladie actuellement connue se trouve au sein de la communauté mennonite du Manitoba, où une personne sur 2 500 est atteinte.
Dans le cas de l’hypophosphatasie, les patients ont des niveaux anormalement bas d’une forme tissu-non-spécifique de la phosphatase alcaline (TNSALP), qui est un régulateur important de la minéralisation osseuse, ce qui entraîne le rachitisme chez le nourrisson et l’enfant, et l’ostéomalacie (un défaut de la minéralisation des os) chez l’adulte. La gravité de la maladie est inversement proportionnelle à l’âge auquel apparaissent les premiers symptômes, bien que la sévérité puisse être cumulative et empirer avec l’âge. Les symptômes cliniques sont hétérogènes. La gravité clinique va de la forme périnatale ou infantile grave, s’accompagnant d’hypominéralisation squelettique prononcée et de troubles respiratoires, causant souvent la mort, à une forme d’ostéomalacie débilitante chez l’adulte, dont la progression est plus lente.
Dans la forme infantile de la maladie, les enfants peuvent sembler normaux à la naissance, mais développent des symptômes graves au cours des six premiers mois de leur existence. Ces symptômes peuvent inclure un retard staturo-pondéral, de l’insuffisance respiratoire, des fractures et des convulsions. Les radiographies démontrent entre autres une hypominéralisation et un rachitisme généralisés. Le taux de mortalité chez ces patients peut être aussi élevé que 50 %. Dans la forme infantile de la maladie, les patients présentent divers degrés d’hypominéralisation, du rachitisme, une petite taille, de l’ostéalgie, de la faiblesse musculaire, du retard dans le développement moteur et la perte précoce des dents de lait; les patients peuvent aussi subir des fractures fréquentes, qui guérissent mal. Chez l’adulte, la forme sous-jacente d’ostéomalacie entraîne de l’ostéalgie attribuable à des fractures de stress qui guérissent mal et qui peuvent réduire la mobilité.
À propos du ENB-0040
Le ENB-0040 est une protéine de fusion qui inclut le domaine catalytique d’une forme tissu-non-spécifique de phosphatase alcaline (TNSALP), ainsi qu’un peptide breveté, utilisé pour cibler l’enzyme aux os. Les résultats des études précliniques sur le ENB-0040 effectuées dans un modèle murin de l’hypophosphatasie sévère résultant de l’ablation complète du gène de la TNSALP, ont récemment été publiés dans le Journal of Bone and Mineral Research [juin 2008:23:777-787]. Ces études ont démontré que l’administration du ENB-0040 par voie sous-cutanée améliore nettement le taux de survie et réduit les manifestations squelettiques et dentaires de la maladie. Par ailleurs, dans les essais en cours, on prévoit aussi mener des études pédiatriques. Les personnes intéressées à en savoir davantage sur le sujet peuvent écrire à l’adresse suivante : Hypophosphotasia.Clinical.Trials@enobia.com
À propos d’Enobia Pharma inc.
Enobia Pharma inc. est une société privée établie à Montréal, dont la mission première est la mise au point de médicaments destinés au traitement de maladies osseuses graves pour lesquelles il n’existe actuellement aucune pharmacothérapie approuvée. La thérapie par remplacement enzymatique destinée au traitement de l’hypophosphatasie est le principal programme de la Société. En 2007, Enobia a réalisé un financement de série B qui lui a permis d’obtenir 40 M $; l’activité de financement a été codirigé par OrbiMed Advisors LLC et le Fonds CTI Sciences de la Vie. Les autres investisseurs d’Enobia sont le Fonds de solidarité FTQ, Desjardins Capital de risque, Lothian Partners 27 (sarl), Sicar et T2C2/BIO 2000 s.e.c.
Renseignements :
Julie Anne Smith, vice-présidente et chef de la direction commerciale
Enobia Pharma
2901, rue Rachel Est, bureau 23, Montréal (Québec) CANADA H1W 4A4 (514) 596-2901, poste 214
Courriel : jsmith@enobia.com
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